Insectes de nos jardins

Comme à l’accoutumée, c’est devant un public nombreux que s’est déroulée la conférence du 11 janvier 2026. Christian Roy a présenté « Les insectes de nos jardins » avec humour et érudition, commentant un panel très riche de diapositives, prises par lui-même (excepté 2).

Christian Roy a commencé par rappeler certaines notions :

  • L’entomologie est l’étude des insectes
  • 410 espèces ont été découvertes et déterminées dans nos jardins.

  • Les insectes sont des arthropodes (invertébrés aux pattes articulées) dont le corps est divisé en trois parties :

– La tête : elle porte les antennes servant au toucher et à l’odorat, les yeux, l’appareil buccal, le système nerveux.

-Le thorax : composé de trois segments, il porte les organes locomoteurs (2 ou 4 ailes et 6 pattes).

-L’abdomen : il est fait de plusieurs segments et peut porter des appendices. Il renferme l’appareil digestif, le cœur en forme de tube, les organes reproducteurs.

On mesure les insectes de la tête à l’extrémité de l’abdomen sans les appendices, sauf pour les papillons où on mesure les ailes. Les insectes récoltés mesurent de 1 à 80 mm (pour le lucane cerf-volant mâle).On peut les observer à l’œil nu, à l’aide d’une loupe de poche, sous loupe binoculaire ou microscope. Pour cela, on les capture d’abord soit à vue, soit avec un filet, soit par battage des arbustes avec un bâton et un bac.

  1. Puis Christian Roy a commenté environ 200 photos.

Les insectes sont classés en plusieurs ordres dont 9 ont été présentés par ordre alphabétique :

  • Les coléoptères (scarabées, coccinelles …).

C’est l’ordre le plus diversifié de la planète et comprenant le plus grand nombre d’espèces.

  • Les dermaptères (perce-oreilles).
  • Les diptères (mouches, moustiques) : 125 espèces identifiées dans les jardins de Luçon.
  • Les éphéméroptères (éphémères).
  • Les hémiptères (punaises, cicadelles, pucerons etc.).
  • Les hyménoptères (abeilles, guêpes, bourdons) : ce sont des insectes ayant acquis la vie sociale la plus complexe.
  • Les lépidoptères (papillons).
  • Les névroptères (chrysope).
  • Les odonates (libellules, demoiselles).

Pour chaque ordre, Christian Roy a détaillé la morphologie des insectes, leur habitat, leur nourriture, leurs particularités, leurs mœurs, leur rôle utile ou nuisible. Tous ces insectes jouent un rôle important dans la biodiversité et font partie de la chaîne alimentaire.

Certains insectes représentent un danger pour les hommes comme les moustiques qui constituent le plus important groupe de vecteurs pathogènes (paludisme, dengue, chikungunia, virus Zica), pour les arbres et les cultures (charançon, ophone à pattes rousses, bruche du pois, criocère du lys (photo), cétoine dorée, mouche grise des semis, etc…) et pour le bétail (la mouche charbonneuse transmet la maladie du charbon et la dermatose nodulaire bovine).

Beaucoup en revanche sont utiles pour la nature et ont un rôle majeur dans le maintien de la biodiversité : les insectes décomposent les déchets pour les transformer en matières organiques assimilables par les plantes. Ils favorisent la pollinisation (la disparition de l’ensemble des insectes pollinisateurs ferait baisser de 30% les récoltes alimentaires mondiales). Ils sont les alliés des jardiniers et des agriculteurs en tant que prédateurs de parasites tels que l’harpale cuivré, le perce-oreille et la coccinelle.

Par ailleurs, riches en protéines, ils servent de nourriture pour les animaux et les hommes (développement de fermes consacrées à leur élevage). L’étude des drosophiles (les mâles repoussés par les femelles noient leur désappointement dans l’alcool)1 pourrait servir à la lutte contre l’alcoolisme (une étude scientifique est en cours). L’observation du développement des œufs et des différentes larves d’insectes sur un cadavre mort depuis quelques jours oriente le médecin légiste sur la date probable du décès. On cherche à manipuler génétiquement certaines espèces comme les moustiques pour les rendre moins nuisibles mais les insectes restent cependant essentiels à l’équilibre des écosystèmes et doivent être le plus possible protégés.

En conclusion : le public a été frappé par la beauté et la diversité des insectes présentés, par leurs couleurs vives (bleu, vert, rouge) ou à reflets métalliques parfois dorés (carabe doré) par les dessins géométriques noirs et blancs sur les thorax, tout cela bien mis en valeur par Christian Roy. Son vœu que l’on regarde désormais les insectes d’un autre œil sera à coup sûr exaucé.

Puis, après avoir posé de nombreuses questions, tous les participants se sont retrouvés pour le désormais traditionnel pot de l’amitié.

  1. Etude de chercheurs américains de l’Université de Californie. ↩︎

De gauche à droite :

  • Osmie cornue
  • Le grand paon de nuit
  • Mouche à damier

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