Jardin Dumaine : Les Animations (sixième épisode)

Les animaux

1-Les cerfs

Le 29 décembre 1888, M. Deshayes expose au conseil que le jeune cerf né l’année précédente a été vendu 100 f au jardin zoologique d’acclimatation du bois de Boulogne. Il ne supportait pas la vie commune avec les anciens. Cela nous renseigne donc sur la présence d’au moins un cerf et d’une biche à cette époque.

Le 9 juillet 1890, la dépense pour la nourriture des animaux est redescendue à 100 f (elle était de 150 f dans le budget primitif de 1889). Ventes ou décès ? on ne le sait pas. Cette somme est maintenue jusqu’en 1894.

Le 11 novembre 1893, la vente d’un daguet rapporte 64,25 f à la ville et, le 18 février 1895, le boucher Alexis Bergère acquiert un daguet pour la somme de 40 f. Cette année là, la dépense pour la nourriture des animaux remonte à 150 f. Elle sera de 250 f en 1898, signe de l’agrandissement du cheptel.

Lors de la session du 15 juin 1901, il est question du ” vallon des biches ” dominé par l’hémicycle du cèdre (belvédère), ce qui correspond à l’emplacement du plan d’eau actuel, aménagé en 1906. A cette date, le parc aux biches est transféré dans la pépinière située derrière la grande salle avec emprise sur la partie avoisinante des quinconces.

2-Les paons

Le 30 août 1900, M. le maire communique au conseil une lettre de Mme veuve Boiron. Celle-ci, demeurant rue des Capucins, se plaint des dommages occasionnés à son jardin par les paons du jardin Dumaine. Elle demande en conséquence une indemnité de 30 f. Après délibération, le conseil lui accord 10 f., somme sans doute plus exacte et suffisante puisque Mme Boiron n’élève ensuite aucune objection. Le 30 décembre 1908,un jeune paon est vendu 25 f. à un négociant de St Nazaire , M. Cloître. Le crédit pour les animaux qui était descendu à 200 f. en 1904 passe à 300f. le 21 octobre 1911.

3-Les autres animaux

Le 17 décembre 1913,M. Ayraud, maire, informe de la vente d’un daim et d’oiseaux du jardin pour la somme de 143 f., puis le 9 septembre 1916, de la vente de 6 faisans, 5 canards mandarins, 3 paons, 2 perruches et des poissons rouges.

Le 26 septembre 1919, M. Pabeuf, premier adjoint, informe le conseil que Mme Veuve Vincent, habitant Marans, offre des gazelles à la ville de Luçon pour le jardin Dumaine. Le conseil accepte et prie M. Pabeuf de transmettre ses plus vifs remerciements à la donatrice.

Les fêtes publiques, l’illumination du jardin Dumaine.

Le 1er août 1879, M. Deshayes soumet au Conseil le traité conclu avec M. Kervella, artificier à Nantes, qui s’engage à faire une fête d’illumination au jardin public le 24 août, jour des courses, pour 750 f. Le Conseil donne son accord. Deux ans plus tard, le 20 juin 1889, les frais du feu d’artifice et de l’éclairage du jardin montent à 1000 f. Le 17 juin 1882, les dépenses des fêtes publiques sont estimées à 2000 f. M. Grimaud, conseiller, s’élève contre cette somme qu’il estime trop élevée :1500 f. seraient suffisants. M. le maire, qui préside la séance, fait observer que cette somme concerne trois fêtes publiques et qu’il est difficile de la réduire. M. Grimaud dit qu’il ne reconnaît que deux fêtes obligatoires, la fête des courses et la fête patronale. M. le maire hausse le ton : ces deux fêtes ne sont pas obligatoires, elles dépendent du bon vouloir du conseil et de l’administration. En revanche, M. Grimaud semble ignorer qu’une autre est prescrite par l’autorité supérieure avec un caractère obligatoire, c’est la fête nationale du 14 juillet. M. Grimaud rétorque ne pas reconnaître cette fête et s’élève contre sa célébration. Tollé au conseil : M. Phelippon proteste contre ces paroles qui n’auraient pas dû être prononcées dans un conseil où presque tous les membres sont républicains ! M. le maire met aux voix la proposition de M. Grimaud de réduire le budget à 1500 f. Par 14 voix contre 3, le conseil rejette la proposition de M. Grimaud. La république est sauve !

Sur ces 2000 f., 1200 f. sont alloués à la fête de nuit, avec ses illuminations et son feu d’artifice. La somme est maintenue en 1883 et 1884. Mais le conseil, cette année-là , est mécontent de la prestation de M. Kervella fils et M. Petit-Demaison. L’illumination du jardin a laissé à désirer sur beaucoup de points. Les remarques ont dû être entendues par les prestataires et corrigées, car leur collaboration durera encore plusieurs années, et toujours pour la somme de 1200 f. Cette fête de nuit, embellie par la musique de la Société Philharmonique, attire une foule considérable et prend de plus en plus d’importance. La session du 9 mai 1900 nous renseigne sur son déroulement assuré par un nouvel entrepreneur de Nantes, M. Brelet. Le jardin Dumaine est illuminé par 2200 lanternes dont 500 ballons et 2000 petits verres dont 600 rouges, la ville fournit les matières éclairantes de 1000 lanternes, enfin un embrasement aux flammes de Bengale et un feu d’artifice sur le champ de foire (cinq coups de feu et un grand bouquet final) clôturent la fête.

A partir de 1905, le budget passe à 1350 f.

Cette fête de nuit est devenue une véritable institution à laquelle les Luçonnais sont très attachés, porteuse notamment de nombreux souvenirs d’enfance.

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